Epée de l´institut d´Egypte (Premier modèle) par Boutet, identique à celle ayant appartenu à Bonaparte.

Les épées de l’Institut d’Égypte

L’instauration du costume de l’Institut coïncide avec la fin de la Campagne d’Égypte et le retour en France, en octobre-novembre 1801, des membres de l’Institut d’Égypte. Ces derniers avaient été dotés, au Caire, d’une épée spécifique qui a pu ensuite inspirer l’Institut national. Defontaine écrit : << Les membres de l’Institut d’Égypte ont porté un glaive, mais plus souvent une épée ... Cette arme a été portée jusqu’à la fin du Second Empire par les membres de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres sous forme d’épée >>. Cette assertion, non retenue par les études sur l’Académie des inscriptions, est peut-être abusive. Il convient de noter que plusieurs membres des autres académies avaient aussi appartenu à l’Institut d’Égypte. Un << Institut pour les sciences et les arts >>, encore appelé Institut du Caire, fut fondé par Bonaparte le 22 août 1798 sur le modèle de l’Institut national. Il comporta pour commencer 36 membres, dont 27 civils, et 51 membres au total en firent partie pendant les trois ans de l’expédition. On connaît plusieurs exemplaires d’épées de l’Institut d’Égypte. Leur caractéristique principale consiste en un motif de tête égyptienne (dieu Thot, reine ou déesse ?) en bronze doré, apposé sur la fusée (poignée). Pour Maître André Damien, les épées originales de l’Institut d’Égypte étaient dorées alors que celles que l’on réalisa ensuite en France sur leur modèle étaient en argent. L’épée de Boissy d’Anglas, en argent, se trouve dans sa collection. Celle de Bonaparte, conservée au Musée de la Malmaison, est en or ou en vermeil, et Pierre Rosenberg en reçut une en argent lors de sa réception à l’Académie française, qu’il a donnée au Musée du Louvre sous réserve d’usufruit (Cf. Connaissance des arts, mars 1997, p.60). J.Lhoste déclare que certaines de ces épées, en argent ou en vermeil, rehaussées de pierres précieuses, ont été réutilisées par un préfet ou un ambassadeur (p. 406, 467-468). Les épées de l’Institut d’Égypte appartiennent à un type unique : pommeau (sommet) vertical, trilobé et orné de palmettes, fusée (poignée) de nacre unie, coquille (ou clavier ou plateau) ajourée, ornée de palmettes, quillon arrondi et incliné, mais on remarque de légères variantes dans les motifs de la ciselure. Certains exemplaires présentent de plus grandes différences : Yves Laissus en reproduit une dont la fusée est en ébène cannelé et J. Lhoste en décrit une autre dont le pommeau et le plateau portent une aigle impériale. Selon lui, il existe un premier modèle de cette épée, signé Nicolas-Noël Boutet, directeur de la Manufacture d’armes de Versailles, spécialisé dans la création d’armes de luxe. J. Lhoste rattache à cette famille une épée qu’il date du Directoire, connue en un seul exemplaire et portant sur la fusée une figure ovale d’Athéna (Minerve) en pied. Sa forme générale, par son pommeau courbe à tête d’Athéna, diffère de celle de l’Institut d’Égypte et le clavier est orné d’attributs qu’il identifie comme relevant des sciences et des arts (sphère terrestre, blé et fléaux, chevalet et palette de peintre, buste d’Athéna, livres) auxquels s’ajoutent des allusions au commerce (caducée de Mercure). Il y voit une épée antérieure à celle de l’Institut d’Égypte, qui aurait appartenu à un membre de la Commission des sciences et des arts d’Égypte, commission qui regroupait tous les savants, ingénieurs et artistes enrôlés dans l’expédition, soit 154 membres, tous civils, parmi lesquels Bonaparte choisit les membres de l’Institut d’Égypte.

Voir l'Epée de l'institut d'Egypte ayant appartenu au Général Bonaparte conservée à la Malmaison.


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