Gueridon Jacob Desmalter

Guéridon Premier Empire vers 1810.

Hauteur 74cm ; diamètre 57,5cm.

En acajou, placage de ronce d’acajou, bronze ciselé, patiné ou doré et plateau de porphyre vert.

Attribué à François-Honoré-Georges Jacob, dit Jacob-Desmalter

Les bouleversements entrainés par la Révolution de 1789 modifièrent considérablement la société française et participèrent à l’émergence d’une nouvelle élite composée notamment de riches banquiers et d’aristocrates essentiellement issus de la noblesse impériale.

La plupart d’entre eux étalait leur réussite, souvent fulgurante, en commandant aux meilleurs artisans de l’époque des meubles, dont certains sont considérés de nos jours comme des chefs-d’œuvre de l’ébénisterie française. Ce guéridon fut réalisé dans ce contexte particulier.

Il présente une composition sobre, héritée des modèles antiques, formée d’un entablement circulaire reposant sur un piétement tripode, modèle emblématique de la grande ébénisterie patronnée par l’Empereur Napoléon.

L’ébéniste a rigoureusement sélectionné les feuilles d’acajou pour leurs nuances particulièrement décoratives.

L’exceptionnel plateau de porphyre vert mouluré, dit « serpentin », est ceinturé d’une lingotière à motifs floraux.

Il repose sur une ceinture supérieure en entablement ouvrant par un tiroir à secret supportée par trois pieds cambrés terminés en griffes de lion, chacun orné en façade d’une large feuille d’acanthe ou d’une palmette stylisée et, sur les faces latérales, de rosaces repercées.

Ces trois montants sont réunis par une entretoise sinueuse, centrée d’un vase à anses détachées et piédouche à feuilles d’eau, reposant sur trois roulettes en cuivre ou en laiton.

L’ensemble concourt à la puissance de la composition et illustre le caractère masculin de l’œuvre, que nous pouvons qualifier d’un Néoclassicisme sévère.

Ainsi, on peut affirmer que si le XVIIIe siècle a marqué l’apogée de l’ébénisterie « classique », tels que les commodes ou les secrétaires, l’Empire a élevé le guéridon à un niveau esthétique inégalé qui parvient à son parfait aboutissement dans la composition du meuble présenté qui doit être rattaché à l’atelier de Jacob-Desmalter.

En effet, il présente de fortes similitudes avec un guéridon de cet artisan, de composition beaucoup moins élaborée, qui se trouvait anciennement dans la collection Ledoux-Lebard dispersée à Paris en juin 2006.

François-Honoré-Georges Jacob, dit Jacob Desmalter (1770-1841)

Peut être considéré comme le plus important artisan en sièges parisien du premier quart du XIXe siècle. Fils cadet du célèbre menuisier Georges Jacob (1739-1814), il se marie en 1798 avec Adélaïde-Anne Lignereux, la fille du marchand-mercier et bronzier Martin-Eloi Lignereux.

Dans un premier temps, il se distingue par ses qualités de dessinateur, puis en 1796, il s’associe avec son frère aîné Georges II Jacob (1768-1803) et tous deux reprennent l’atelier paternel de la rue Meslée sous la raison sociale Jacob Frères.

Après le décès de son frère, il devient partenaire de son père et change son estampille.

Pendant près d’une décennie, ils sont les fournisseurs privilégiés du Garde-Meuble impérial et des grands amateurs du temps.

Toutefois, en 1813, les nombreux retards de paiements de l’administration impériale entraînent la faillite de la maison Jacob. En 1825, après de multiples péripéties, il vend son fonds de commerce à son fils contre une confortable rente viagère de 6000 francs par an.

Libéré de la charge de l’entreprise, il entreprend quelques voyages, notamment en Angleterre où George IV lui demande de participer au décor du château de Windsor. Il meurt à Paris, rue Cadet, le 15 août 1841.

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