Pendule Drouot à Paris Boutetparis.com

Importante pendule de cheminée aux trophées d’armes en bronze finement ciselé ou doré à l’or mat et à l ‘or bruni

Paris, époque An IV.

Hauteur 51cm ; largeur 36,5cm ; profondeur 11,5cm.

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Drouot à Paris », indique les heures en chiffres romains, ainsi que les minutes et les quantièmes du mois en chiffres arabes, par trois aiguilles, dont deux en cuivre repercé et doré.

Le mouvement s’inscrit dans une caisse architecturée au thème martial entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni.

L’amortissement est orné d’un coq aux ailes déployées, symbole de la France, reposant sur un demi-pelta dans un environnement de feuilles de chêne et d’olivier, symboles de la Force et de la Paix.

La partie basse de la boîte est à riche motif en bas-relief d’un bouclier, lances, trompette, étendards, canons ou carquois à empennages de flèches se détachant sur des fonds amatis et surmontant un tore rubané de feuilles de chêne agrémentées de glands.

Les côtés sont à riche décor de faisceaux de licteur, étendards, boucliers, cuirasses et casques empanachés « à l’antique ». L’ensemble repose sur une base quadrangulaire à décrochement en façade à panneaux en réserves à masque solaire noué de branchages de palmes sur fonds amatis ; enfin, six pieds en pattes léonines à griffes saillantes supportent l’horloge.

Cette rare pendule, allégorie d’une France militairement puissante et s’appuyant sur un demi-pelta se distingue par la qualité exceptionnelle de sa ciselure et de sa dorure à l’or mat ou à l’or bruni.

Son décor martial, particulièrement élaboré, s’inspire plus ou moins directement de certains projets d’ornemanistes parisiens du dernier tiers du XVIIIe siècle, notamment d’un dessin en lavis et aquarelle de l’architecte François-Joseph Bélanger destiné au décor du Pavillon de Bagatelle du comte d’Artois, frère de Louis XVI, sur lequel figure, posée sur une cheminée à montants en fûts de canons, une horloge à cadran inscrit dans un bouclier flanqué de casques antiques empanachés (illustré dans H. Ottomeyer et P. Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, Band I, Munich, 1986, p.12, fig.5).

Ce même esprit se retrouvera quelques années plus tard sur une pendule commandée pour le Cabinet du Conseil du Château de Compiègne, qui est conservée aujourd’hui dans une collection privée (voir le catalogue de l’exposition Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne, Musée national du château de Compiègne, RMN, Paris, 2006, p.18, fig.6).

Enfin, mentionnons que quelques rares horloges de modèle identique à celle-ci sont connues, citons notamment :

un premier exemplaire, le cadran signé « Charles Leroy à Paris », qui est reproduit dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, De Louis XIV à l’Empire, Editions Polistampa, Florence, 2013, p.286 ;

ainsi qu’un deuxième, associant bronze ciselé ou doré et marbre blanc statuaire, qui appartient aux collections du Musée du Louvre à Paris (paru dans Tardy, La pendule française, 2ème Partie : Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.256) ;

enfin, mentionnons particulièrement une dernière pendule de ce modèle, le cadran signé « Lechopié à Paris » ; conservée dans les collections royales espagnoles à Madrid, elle est également entièrement réalisée en bronze très finement ciselé et doré (illustrée dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.153, catalogue n°131).

Epoque


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