Pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni jaune et rose.

Gabriel Leroy

« Horloger actif à Paris vers 1802-1822 »

Pendule de cheminée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni

Paris, époque Empire, vers 1805.

Hauteur 47,5cm ; largeur 29cm ; profondeur 16,5cm.

Le cadran circulaire émaillé blanc, signé « Gabriel Leroy/Rue du Temple N° 115 à Paris », indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles œil de perdrix en acier poli-bleui ;

il est renfermé dans une caisse entièrement réalisée en bronze très finement ciselé ou doré à l’or mat et à l’or bruni. La lunette est agrémentée d’une frise de feuilles d’eau ;

le mouvement s’inscrit dans une borne à montants en demi-colonnes à chapiteaux à palmettes rythmées de têtes de lion déversant des jets d’eau dans des coupes reposant sur des gaines à motifs en applique ; la façade de la borne est agrémentée d’un cygne aux ailes déployées reposant sur un jeu de crosses, palmes et rosaces.

La corniche débordante arrondie est soulignée d’acrotères alternés à palmettes stylisées et coquillages ;

l’amortissement est orné d’une coupe à godrons supportant deux dauphins adossés à queues entrelacées. Sous le cadran, représentés sur la terrasse, sont deux enfants, l’un est une jeune fille assise dans une luge à motifs de chevaux marins indiquant de la main droite la direction et se retournant vers l’autre figuré par un garçon ;

ils sont tous les deux coiffés et vêtus à la mode du début du XIXe siècle. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire, en entablement à doucine, posée sur un contre-socle mouluré à motifs en applique de trident, rame, aiguières, coquille et roseaux, lui-même supporté par quatre pieds toupies à frises moletées.

D’une superbe qualité de ciselure et de dorure, cette rare pendule présente une thématique originale qui pourrait très certainement être rattachée au roman Paul et Virginie de Jacques- Henri Bernardin de Saint-Pierre publié dès 1788 et qui connaîtra un succès immense.

Ainsi, la représentation de ces deux jeunes enfants jouant ensemble peut correspondre à un moment de la jeunesse de Paul et Virginie qui, élevés comme frère et sœur sur une île isolé, menèrent une vie simple, vertueuse et respectueuse de la nature, loin de toute civilisation.

L’horloger qui réalisa le mouvement, Gabriel Leroy, est très certainement issu de la dynastie des célèbres horlogers du même nom actifs à Paris du milieu du XVIIIe siècle jusqu’aux premières décennies du siècle suivant ;

son atelier est mentionné au 115, rue du Temple de 1802 à 1822 et il semble s’associer sous l’Empire avec son confrère Lemazurier (voir Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, p.405).

Enfin, relevons qu’une pendule en cuivre doré de cet horloger « surmontée d’un char traîné par des papillons » fut prisée 300 francs en 1817 dans l’inventaire après décès de Charles-Etienne Lacouture.

Leroy à Paris

Il faut remonter au XVIIIe siècle pour retrouver les origines de la maison Leroy, et plus précisemment en 1747, année où Basile Le Roy (1731- † en l’an XI) débute son apprentissage chez Sr. Joseph Quétin, maître horloger installé à Paris.

En 1805, il est nommé « Horloger de son Altesse impériale et royale de Madame Mère de l’Empereur » et produit vers 1810, des pendules d’officiers destinées à l’armée.


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