Amérique

L’Indienne d’Amérique

Dubuc Ainé à Paris

Attribuée à Jean-Simon Deverberie (1764-1824)

Paris, époque Directoire, vers 1799.

Hauteur 46 cm ; largeur 37 cm; profondeur 15 cm.

Pendule empire « À L’Amérique », en bronze doré et bronze patiné.

Le cadran en émail signé « Dubuc Ainé à Paris », indique les heures en chiffres romain et les minutes par tranches de quinze en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré .

Le mouvement huit jours, à échappement à ancre et suspension à fil de soie, sonne les heures et demies sur un timbre, avec roue de compte extérieur.

Attribué à Jean-Simon Deverberie, la boîte est surmontée d’une chasseresse habillée d’un pagne. Elle tient un arc dans sa main droite et porte un carquois dans son dos ;

un alligator se tient à ses pieds. La plinthe, aux côtés concaves, est ornée de guirlandes et de serpents, ainsi que d’une bordure en perles dorées. Le tout repose sur des pieds toupie en bronze doré.

L’esquisse originale de ce modèle par Jean-Simon Deverberie fait partie d’un album de dessins de pendules aujourd’hui dans le cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale à Paris ;

elle est illustrée dans Tardy, Les Plus Belles Pendules Françaises, 1994, pp. 246-7. Une pendule de Deverberie, dont la boîte est identique et le cadran est signée Gaulin à Paris, est illustrée dans Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, 1986, p. 381, pl. 5.15.25.

Une pendule avec boîte identique et un cadran signé Ridel à Paris est illustrée dans Elke Niehüser, Die Französische Bronzeuhr, 1997, p. 148, pl. 239.

Une pendule identique, dont le cadran est signé Thiéry à Paris, est illustrée dans Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen Age au XXe Siècle, 1997, p. 351.

Le thème du «bon sauvage» inspire plusieurs autres pendules. «La Négresse», la première pendule créée par Deverberie sur ce thème, avec un mouvement de Furet et Godon, est présentée à Marie-Antoinette en 1784.

La pendule présente, qui date de 1799 environ, fait pendant à celle dite « à l’Amérique » ; le modèle reste très à la mode jusqu’en 1815 environ.

Le sujet témoigne de l’engouement pour l’exotisme de la fin du XVIIème et le début du XIXème siècle. Inspiré par l’idée du « bon sauvage » exprimée par Rousseau et d’autres écrivains, il est également nourri par des événements contemporains, comme l’arrivée à Tahiti de l’explorateur français Bougainville en 1767, suivi du capitaine Cook en 1769.

La vie apparemment paisible et harmonieuse des îles du Pacifique contraste avec les injustices de la société européenne, telles qu’on les perçoit.

Le thème du bon sauvage inspire plusieurs grandes œuvres littéraires de l’époque, y compris Robinson Crusoe de Daniel Defoe (1719), Gulliver’s Travels de Jonathan Swift (1724), Paul et Virginie (1787) de Bernardin de Saint-Pierre et Atala (1801) de Chateaubriand.

Jean-Simon Deverberie (1764-1824) figure parmi les plus importants bronziers parisiens de la fin du XVIIIe siècle et des deux premières décennies du siècle suivant.

Marié avec Marie-Louise Veron, il semble qu’il se soit quasi exclusivement spécialisé dans la création de pendules, de flambeaux et de candélabres ornés de figures exotiques, particulièrement de personnages africains ;

il déposa de nombreux modèles de pendules dites « au nègre », notamment les modèles dits « l’Afrique », « l’Amérique » et « Indien et Indienne enlacés » (les dessins sont conservés au Cabinet des estampes à la Bibliothèque nationale à Paris).

Il installa son atelier successivement rue Barbette en 1800, rue du Temple en 1804, enfin rue des Fossés du Temple entre 1812 et 1820.

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