Sabre d'honneur d'infanterie décerné par le Premier Consul

Sabre d'honneur d'infanterie dit briquet, décerné par le Premier-Consul au citoyen Pierre ANDRÉ, sergent-major à la 2e ½ brigade légère.

Garde en argent, poinçonnée, à une branche à décor de filets;

Quillon se terminant par un bouton godronné;

Calotte unie, tenue sur l'extrémité de la queue par un clou en argent;

Fusée en bois recouverte de basane, filigranée d'argent.

Lame de sous-officier, à faible cambrure, en damas, gravée à l'eau-forte et dorée, sur le premier tiers, de motifs cabalistiques, dans l'esprit égyptien, suite à ses actions d'éclat, durant la campagne d'Égypte, pour lesquelles Pierre André a reçu ce sabre.

Fourreau de cuir fort à deux garnitures en argent;

Chape à bouton, gravée à l'arrière: "Le premier Consul - au Cen André pierre - Sergent- Major - de la 2ème ½ - Brigade Légère - pour Action d'Éclat";

Bouterolle à dard en fer en forme de bouton.

Longueur 89 cm. Époque Consulat.

PROVENANCE: ancienne collection Charles MARCHAL. POINÇONS sur la garde: - "B Y" dans un ovale, Denis BROUILLY, premier contrôleur; - "D" dans un cercle, D'AUDIGNÉ inspecteur; - grosse garantie, tête de vieillard: "88", pour le département de la Seine-Inférieure (Rouen); - orfèvre: "J M" surmonté d'une étoile;

POINÇONS sur la chape: - coq 2e titre des département, 1798/1809; - petite garantie des départements: "88", pour le département de la Seine-Inférieure (Rouen). POINÇONS sur la bouterolle: - coq 1er titre des département, 1798/1809; - petite garantie des départements: "88", pour le département de la Seine-Inférieure (Rouen).

ANDRÉ Pierre, Claude, né le 14 mai 1773 à Courville (Eure-et-Loir), entra au service comme simple soldat, le 10 mai 1793, dans le 21e bataillon d'infanterie légère qui fut amalgamé dans la 21e ½ brigade, devenue 2e régiment d'infanterie légère; il servit successivement à l'armée du Nord, à celle d'Italie, d'Égypte et de Syrie; à sa rentrée sur le continent, après l'évacuation de l'Égypte par l'armée française, ANDRÉ, en récompense du courage qu'il n'avait cessé de déployer, pendant cette guerre, reçut un sabre d'honneur, le 10 prairial an XI, et fut promu, l'année suivante, au grade de sous-lieutenant; employé à l'armée de Hollande, pendant la campagne de l'an XIV, ce brave officier fit encore, avec distinction, celles de 1806 et de 1807, en Prusse et en Pologne, où il se signala par de nouveaux faits d'arme, et obtint le grade de lieutenant, le 17 décembre 1806; passé à l'armée d'Espagne, il y gagna l'épaulette de capitaine, le 13 novembre 1808; le 7 janvier 1809, il combattit, avec sa valeur habituelle, à Lugo, où il reçut trois coups de feu, dont un grave au bas-ventre, ce qui le mit hors d'état de continuer un service actif et le força à prendre sa retraite, le 16 novembre de cette même année.

L'Empereur, en lui accordant la pension à laquelle lui donnaient droit et ses blessures et ses services, le désigna pour faire partie du collège électoral de l'arrondissement de Chartres et le classa dans la 14e cohorte.

Références:

Fastes de la Légion d'honneur, Paris 1842, 1er volume, pages 460 et 461.

Ministère de la Guerre, extrait des registres matricules: "Blessures: Coup de feu à un téton gauche, en Syrie, en l'an VII. Coup de feu à la verge, en Espagne, en 1809. Admis à une solde de retraite de 1600 francs, par décret impérial du 16 novembre 1809"

Ce sabre est dans un état remarquable, il est connu depuis des générations par les plus grands collectionneurs, il n'a subi aucune réparation ni à la garde ni au fourreau; la fusée est d'origine comme l'ensemble, ce qui est exceptionnelle et remarquable.

Les authentiques connus à ce jour sont très rares; celui-ci est le mieux préservé !

Notes : Nous attirons spécialement l’attention des collectionneurs sur les nombreux faux sabres d’honneur et de récompense qui circulent.

Les garnitures et la monture en argent des pièces d'époque ont très souvent été vendus.

Ceci a été malheureusement fait par besoin d'argent du détenteur ou de la famille, notamment en 1814 lorsque certains de la Grande Armée se sont trouvés désargentés.

Une affiche d'époque propose d'ailleurs le rachat des pièces en argent des sabres et des fusils, notamment d'honneur et de récompense, et, par besoin, cela a continué à se faire dans le courant du XIXè siècle.

Un tel sabre de récompense vendu à 10.000 euros est un faux!

Conclusions : exigez un certificat d'authenticité qui engage la responsabilité du vendeur!!!

Private collection, not to sell!


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