Sabre de général de division du génie - Premier Empire

Sabre attribué à François de Chasseloup-Laubat général de division du génie, comte sénateur du Premier Empire.

Le magnifique pommeau au lion repris également sur le noeud de corps mais cette fois entouré de lauriers rappelle la puissance de son propriétaire auréolé par la victoire.

-Pommeau au lion à la crinière en toile d'araignée

Voir même pommeau que celui du sabre présenté au Museum of Patriotic War 1812

-Sigle du "génie" sur la garde côté avers et miroir où se mire un serpent de l'autre (armorial de comte sénateur d'empire).

-Lion et lauriers au noeud de corps

-Aigle sur la première garniture (côté avers du fourreau)

-Ecusson vierge (côté revers du fourreau)

-Rose flanquée de part et d'autre de flambeaux ailés sur la garniture centrale du fourreau (avers et revers du fourreau)

-Glaive et palme (côte avers de la bouterolle du fourreau)

-Foudres ailées flanquées en haut d'un drapeau à la couronne de lauriers (côté revers de la bouterolle du fourreau)

-Fourreau acier bleui agrémenté sur son avers d'une dorure en forme de bande au centre ainsi que sur ses côtés.

L'ensemble des garnitures sont en laiton à dorure au mercure (usures d'usage).

Très belles lame fine à pan creux se terminant par une longue langue de carpe, Coulaux Frères, Manufacture Impériale de Klingenthal, bleu et or aux motifs suivants ceux du sabre et notamment un drapeau avec le N de Napoléon et une coiffe de comte sénateur d'empire

François de Chasseloup-Laubat

À 16 ans, le 7 août 1770, il entra comme aspirant au corps royal de l'artillerie. Se sentant une vocation plus particulière pour le génie, il fut reçu en 1774 à l'École royale du génie de Mézières, où il devint sous-lieutenant le 1er juin 1778. Sa carrière se déroula alors dans cette arme :

Lieutenant en second du génie le 1er juin 1780,

Lieutenant en premier du génie le 16 février 1784,

capitaine le 1er avril 1791.

Lorsque la Révolution éclata, il en adopta les principes et refusa d'émigrer malgré les sollicitations qui lui en furent faites. De 1792 à 1793, il servit dans l'armée du Centre : il se battit devant Givet, dirigea les travaux de défense de Montmédycontre les Prussiens en septembre 1792, puis mit Longwy en état de défense après sa reprise le 18 octobre. Il prit part à la campagne de 1793 avec la même armée rebaptisée depuis le mois d'octobre 1792 armée de la Moselle. Sa conduite brillante pendant la prise d'Arlon le 9 juin 1793 lui valut d'être nommé chef de bataillon le 15 du même mois. Il participa encore à de nouveaux combats à Arlon le 18 avril 1794.

Il se maria en 1794 à une cousine née Fresneau de la Gautaudière qui lui apportait le château de la Gataudière à Marennes. Il fut versé dans l'armée de Sambre-et-Meuse le 28 juin, et servit au siège de Maastricht. Il parvint à placer sur la rive droite de la Meuse une batterie qui labourait dans toute son étendue le front contre lequel il dirigea son attaque. Les assiégés, se voyant ainsi pris par leur flanc, demandèrent à capituler. Il fut récompensé de la part qu'il avait prise à cette conquête par le grade de chef de brigade du génie, l'équivalent de colonel, le 8 novembre 1794. Appelé devant la forteresse de Mayence en 1795, il fut d'abord chargé de l'attaque du centre, et ensuite du commandement de tous les travaux du blocus de Mayence.

Chef du génie de l'Armée d'Italie

Le 3 mars 1796, il passa à l'armée d'Italie. Le jeune général Bonaparte qui la commandait étonnait déjà par ses manœuvres promptes et inattendues. Le chef du génie appelé à le seconder devait être doué d'une extrême activité, d'un coup d'œil aussi juste que rapide pour suivre ses pensées et répondre à ses intentions. Chasseloup sut montrer à quel point il réunissait ces qualités. Ce fut au passage du Pô, le 7 mai 1796, qu'il se fit d'abord remarquer, et le mois suivant, le 11 juin, il fut nommé commandant en chef du génie de l'armée d'Italie, à la place du général Vital. Il dirigea le siège de la citadelle de Milan le 17 juin, et le 18 juillet, commença celui de Mantoue, défendue par 200 bouches à feu et 200 hommes de garnison. Pour assiéger cette place, l'une des plus fortes d'Europe, les Français ne comptaient que sur 8000 hommes et ne disposaient d'aucune artillerie de siège. Cinquante canons trouvés à Tortona et dans les postes abandonnés de la rive droite du Pô furent traînés devant Mantoue. Chasseloup fit ouvrir une tranchée à 200 mètres des palissades. Malgré la faiblesse des moyens mis à sa disposition, il allait se rendre maître de la place, quand Wurmser, à la tête de 50 000 Autrichiens, parut sur le Montebaldo, forçant Bonaparte à réunir ses troupes pour lui résister et à lever le siège.

Chasseloup eut une grande part aux succès de cette brillante première campagne d'Italie. Il fut plusieurs fois cité pour les services qu'il rendit aux batailles de Lonato le 3 août 1796, de Castiglione le 5 août, du Pont d'Arcole, où il fut renversé près du général en chef, le 15 novembre, de Rivoli le 14 janvier 1797. Nommé général de brigadedu génie le 21 février 1797, il fut envoyé en mission à Paris par Bonaparte le 12 novembre. Pendant son séjour parisien, il fut nommé tout d'abord adjoint au comité des fortifications le 5 février 1798, puis directeur des fortifications le 23 février.

Mais malgré toutes les victoires, la paix ne pouvait être conquise qu'au sein même de la monarchie autrichienne, et, pour y parvenir, il fallait se rendre maître du Tyrol et franchir les Alpes noriques. C'était la première fois que des armées françaises pénètreraient dans ces contrées, et il fallait y reconnaître le cours des fleuves, les gorges des montagnes, déterminer les positions. Ce fut Chasseloup que Bonaparte chargea de ces travaux, en particulier de faire des reconnaissances pour l'établissement d'une place forte dans le duché de Clèves près de Wesel et de diriger les opérations de levée d'une carte du Rhin de Landau à Nimègue. Il passa une bonne partie de l’année 1798 à l’organisation de la défense du Rhin, et il ne rentra à Paris qu'en septembre. Il fut de nouveau nommé le 12 octobre 1798 commandant en chef le génie de l'armée d'Italie.

Au printemps 1799, les hostilités reprirent. À part une courte absence en août pour raisons de santé, il se fit remarquer de nouveau par son esprit d'initiative, la hardiesse de ses projets et l'efficacité de ses réalisations. L'armée, commandée par Schérer, était pressée par 100 000 Austro-Russes après la défaite de Magnano. La seule issue possible était de franchir l'Apennin. En 7 jours, Chasseloup parvint à tracer dans la montagne plus de 40 kilomètres de route praticable par l'artillerie, permettant à l'armée d'effectuer sa retraite et de se sauver. Il reçut le grade de général de division le 18 septembre 1799.

Sa carrière militaire se poursuivit brillamment :

Inspecteur général des fortifications le 26 janvier 1800 ;

Membre du comité des fortifications mandé auprès du Premier Consul le 29 mai ;

Commandant en chef le génie de l'armée de Réserve à la place du général Marescot le 7 juin ;

Commandant en chef le génie de l'armée d'Italie le 24 juin ;

Responsable du siège de Peschiera après la bataille de Marengo le 1er janvier 1801 ;

Chargé de recevoir sa capitulation le 19 janvier ;

Chargé de la démolition des places de Coni, Ceva, Tortona, du fort de Suze, de la citadelle de Milan en 1801 ;

Il appliqua à ces fortifications un système nouveau dont il était l'auteur, en particulier à Alexandrie, où il mit en œuvre les idées qu'il eut tout au long des travaux sur les autres sites, et qu'il résuma ainsi : Éloigner les feux de l'ennemi par des ouvrages avancés, capables de résister et d'être repris par la garnison ; se ménager dans tout le pourtour de la place de grands moyens de sortie ; réduire à un très petit nombre, par de vastes inondations, les fronts attaquables ; multiplier les obstacles sur les directions que l'ennemi est forcé de prendre, et l'obliger à faire trois sièges successifs dans la même place. L'importance de cette réalisation n'échappa pas aux Autrichiens, et leur premier soin, après les traités de 1814, fut de raser les fortifications d'Alexandrie, dont ils n'ont laissé que la citadelle.

De nouveau commandant le génie de l'Armée d'Italie sous Masséna en 1805, il fut nommé commandant en chef le génie de la Grande Armée le 22 septembre 1806. Il servit à Golymin le 26 décembre, à Eylau le 8 février 1807, éleva des têtes de pont revêtues de bois, pouvant servir de camps retranchés à Praga, Serock et Modlin. Les glaces enlevant sans cesse les ponts de bateaux, il fit construire trois ponts sur pilotis sur des rivières plus larges que le Rhin. Pendant le repos de l'armée, il se rendit au siège de Ko?obrzeg, puis alla prendre le commandement de celui de Dantzig, mémorable par les difficultés rencontrées par les assiégeants et par le peu de moyens mis à leur disposition. Ce ne fut qu'après 51 jours de tranchée ouverte que la place capitula. Il termina cette campagne en juillet 1807 par le siège de Stralsund, que les Suédois finirent par évacuer. Avant de rentrer en France, il fit fortifier Thorn, Marienbourg et Magdebourg.

En 1808, il partit avec l'Empereur pour une tournée d'inspection des travaux qu'il avait entrepris en Italie, principalement à Mantoue et à Alexandrie. Il reçut de Napoléon les plus brillants éloges, et fut fait comte de l'Empire le 7 juin 1808. En récompense de ses services, il fut nommé par l'Empereur conseiller d'État le 29 août 1811, et après la retraite de Russie, membre du Sénat conservateur le 5 avril 1813.

Il prit sa retraite le 13 juin 1813


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