Sabre de commandant de chasseur à pied de la garde impériale

Un des plus beau sabre connu d'officier supérieur de chasseur à pied par Duc.

Sabre d'officier supérieur de chasseur à pied de la garde impériale de Duc.

Garde à une branche du modèle règlementaire en laiton ciselé et doré, oreillon orné du profil de l'Empereur en argent, fusée entièrement filigranée en fils d'argent.

Lame à pan creux et gorge latérale sur toute la longueur, dorée et bleuie sur les deux tiers, gravée d'une aigle couronnée, de trophées et d'une étoile; marquée, dans un cartouche, sur une face : "Chasseurs à pied" et sur l'autre : "Garde impériale", elle est signée au talon de Duc à Paris;

Fourreau de cuir au trait à deux garnitures en laiton finement gravées. Dard Repercé et finement ciselé. Époque Premier-Empire.

Type de sabre porté par Jérôme Soulès, commandant des chasseurs à pied de la Garde Impériale.

La Garde Impériale est constituée au début de l'Empire par décret Impérial du 29 juillet 1804, la Garde Consulaire devient la Garde Impériale, bien que créée officieusement le 19 mai. Elle comprendra deux régiments, un de grenadiers et un de chasseurs. Chacun de ses régiments était composé de trois bataillons ; deux bataillons de Garde et un bataillon de Vélites, et organisé comme suit: Chaque bataillon de Garde est constitué de 8 compagnies comprenant chacune : 1 capitaine, 2 lieutenants en premier, 2 lieutenants en second, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 2 sapeurs, 80 grenadiers ou chasseurs et 2 tambours. Le bataillon de Vélites est constitué de 5 compagnies comprenant chacune : 1 premier lieutenant, 1 second lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 172 vélites et 2 tambours. L'encadrement est assuré par des colonels et généraux en premier et en second. À sa tête un général d'armée ou un Maréchal. Le Vélite est un futur Garde, il est destiné à être versé dans les effectifs des deux premiers bataillons si besoin est, et formera son encadrement (départ pour les vétérans de la Garde, pertes subies, mutations, promotions ou exclusions).

Une taille minimale est imposée, environ 1 m83 pour les grenadiers et 1 m73 pour les chasseurs (cela est valable aussi pour les unités de cavalerie). Il fallait un minimum de 10 ans de service pour entrer au 1e Régiment de Grenadier-à-Pied de la Garde Impériale, et 8 pour le second, ainsi qu'avoir eu aux cours de combats un comportement irréprochable, être de bonne moralité et savoir lire et écrire. Bien que cette dernière consigne semble avoir été quelques fois oubliée, elle est néanmoins une condition d'entrée. Pour les officiers, deux ans sont ajoutés à chaque critère. La valeur de ces régiments provient ainsi des rigoureuses conditions de recrutement. Les soldats sont admis dans la Garde pour leurs qualités de soldat, non par qualité de naissance ou par népotisme. La discipline au sein de ce corps est dure, mais humaine. Une sanction d'expulsion vers la ligne est définitive. Chaque Garde obtient le grade supérieur dans la ligne. Un caporal de la Garde, par exemple, est caporal chef dans la ligne.

Les châtiments corporels y sont interdits, les Gardes se vouvoient et s'appellent « Monsieur ». Le port de la moustache « en crosse de pistolet » est obligatoire, ainsi que celui des pattes ou favoris. La moustache est cependant rasée pendant les quatre mois d'hiver. Les sapeurs portent la barbe. La Vieille Garde porte les cheveux longs en deux tresses nouées sur la nuque et poudrées de blanc/gris, attachées avec un cordonnet frappé d'une grenade d'argent ou à l'Aigle. Les cheveux poudrés blancs virant au gris ont contribué à son appellation « Vieille » Garde. Chaque soldat de la Vieille Garde porte, à chaque oreille, un anneau d'or de la taille d'un écu.

Outre la Vieille Garde on trouve aussi la Moyenne Garde constituée en 1806 avec les Vélites de la Garde et composée de Fusiliers Grenadiers et de Fusiliers Chasseurs, puis la Jeune Garde créée en 1808, composée de Tirailleurs (futurs Grenadiers) et de Voltigeurs (futurs Chasseurs), unités destinées à servir de pépinière à la Vieille Garde. La Moyenne Garde est plus exposée au combat que ses aînés. Quant à la Jeune Garde, elle y est engagée sans précautions particulières, et presque systématiquement ; ils formeront la future Vieille Garde et doivent donc être des combattants expérimentés. À Waterloo, la Moyenne Garde n'existe plus car elle est officiellement intégrée à la Vieille Garde. Néanmoins, ils sont toujours appelés Moyenne Garde par les autres troupes. Tous les officiers de la Garde sont de Vieille Garde, les sous-officiers montent d'un cran dans la hiérarchie, un sous-officier de la Jeune Garde faisant partie de la Moyenne Garde, et ainsi de suite. Notons que Napoléon veillait soigneusement à ce que rien ne soit écrit sur la Garde impériale. Même le journal militaire officiel ne publia jamais une seule ligne sur elle. Ainsi, l'ennemi pouvait difficilement en pénétrer la nature, ou en savoir la composition.

Sachez que la Garde Impériale à pied est considérée comme un des corps ?les plus valeureux de toute l'histoire des armées .


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